Cas clinique : Le patient qui veut  » perdre du poids « 

Je précise « perdre du poids » entre guillemets, non pas, parce que ce n’est pas ce qu’il (ou elle) veut, mais plutôt parce que c’est une conséquence d’autres conflits et dysfonctions.

On va étudier aujourd’hui un peu ce profil et comment aborder de manière globale la gestion de ce type de patient. Dans les études para médicales ou médicales, on part du principe que tous les patients mentent. Je n’ai pas dit que tout ce qu’un patient raconte c’est du mensonge, mais il y a un vrai tri à faire.

Si vous êtes thérapeutes, que vous soyez naturopathe, diététicien ou coach en hygiène alimentaire, peu importe, ce que je vous conseille c’est d’ouvrir grands vos oreilles pour repérer quand ça sonne faux. Et ça peut sonner faux à deux niveaux :

1) Sur la cohérence des propos que votre patient va tenir.

Puisque vous allez forcément l’interroger sur ces habitudes alimentaires, le nombre de repas, sur sa façon de fonctionner de manière générale. Et c’est toujours surprenant à la question :

« Racontez-moi une journée de vos repas », les réponses sont toujours très jolies. En général, les patients vous ressortent le programme alimentaire des 4 derniers diététiciens qu’ils sont allez voir. Donc il faudra reposer la question différemment « Maintenant que vous m’avez raconté une journée sympa, racontez-moi la journée où vous vous dégoutez à la fin et que vous êtes remplis de culpabilité ». Au moins comme ça l’ambiance est claire.

Comprenez qu’un patient qui a une problématique, perte de poids ou autre chose, est en train de se mentir sur le sujet. Mais il ne sait pas qu’il le fait. Votre travail c’est de ne pas vous faire embarquer dans le mensonge, et surtout de le ramener à la réalité, avec douceur et compassion si c’est possible, ce n’est pas toujours le cas.

2) Au niveau de votre intuition.

Parce que parfois, le discours sera cohérent, et le patient a effectivement, une tenue alimentaire adéquate. Il applique ce qu’on lui a dit mais ça déconne ailleurs. Et ça peut déconner sur beaucoup de choses :

  • L’environnement familiale ou professionnel dans lequel se trouve la personne. Le surpoids peut souvent être un mécanisme de défense. Ce sont en général des personnes très sympathiques, qui n’aiment pas le conflit, et feront tout garder un environnement de calme.
  • Un dérèglement hormonal. Un dysfonctionnement de la thyroïde ou des glandes surrénales peut perturber le fonctionnement de l’organisme et donc empêcher une perte de poids.
  • Un patient qui veut perdre du poids mais n’est pas prêt à assumer les conséquences. Cela implique peut-être plus de regards sur lui, et sa compagne ne souhaite pas qu’il attire le regard des autres femmes.
  • La prise de poids à démarrer suite à un conflit émotionnel et c’était un système de survie qui a fonctionné à l’époque et qu’il faut mettre à jour

Dans les deux cas, cela implique une discussion bien a delà des conseils alimentaires. Et comme d’habitude, cela va en perturber plus d’un, parce qu’on leur a dit que le problème venait de l’alimentation. C’est vrai, mais ce n’est qu’une partie du problème.  Donc il va falloir inviter le patient à travailler avec vous sur plusieurs plans :

Le corps physique

Revoir l’hygiène alimentaire (sans tomber dans le régime strict) accompagné par une activité sportive.

Le mental :

Discutez avec lui des conséquences de sa perte de poids, lui en faire prendre conscience et dédramatiser. Lui expliquer pourquoi cette stratégie, qui a fonctionné à une époque, n’est plus nécessaire aujourd’hui.

Émotionnel :

Essayez d’identifier un conflit et de l’aider à se libérer des émotions associées à ce conflit par des exercices spécifiques.

Vous avez déjà trois portes d’entrées pour le motif de consultation de votre patient qui est de perdre du poids. Donc l’objectif n’est pas de compliquer la prise en charge, mais simplement de l’envisager sur plusieurs niveaux. Vous ne faites pas tout cela sur une seule séance, c’est un accompagnement et il faut que le patient soit réceptif à ce que vous lui proposez.

Vous avez un aperçu de ce que je développe dans ma formation concernant la prise en charge holistique (globale) d’un patient.

 

 

 

 

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